Le Vietnam : Ho Chi Minh et le delta du Mékong.
- 3 déc. 2017
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Dernière mise à jour : 24 nov. 2020
S'il est un pays qui à vécu une histoire mouvementée, le Vietnam est bien celui-là. Aujourd'hui, les vietnamiens connaissent enfin la paix.
Nb d'habitants : 100 millions. Superficie : 330 000 km2. Capitale : Hanoï 8 millions d'habitants. Langue : vietnamien. Monnaie : dong.
Durant le premier millénaire de notre ère, le Viêt Nam est une possession chinoise, et passe par la suite sous influence khmère. Plusieurs dynasties se succéderont jusqu'à ce que les Viets conquièrent l'ensemble du territoire au XVIè siècle.
Mais le pays est divisé entre 2 familles politiques, l'une au nord et l'autre au sud. Le clan du sud va finir par l'emporter avec l'aide de la France. Mais le Vietnam va fermer ses frontières au commerce étranger ce qui ne convient pas à la France qui s'empare du sud du pays sous le second empire et dans un deuxième temps de l'ensemble du pays qui deviendra l'Indochine française regroupant aussi le Laos et le Cambodge.
En 1940, le Japon profite d'une France affaiblie pour occuper l'Indochine...Mais en 1945, le parti communiste indochinois, dirigé par Ho Chi Minh, s'empare du pouvoir. Le conflit avec la France débouche sur la guerre d'Indochine de 1946 à 1954. Avec le soutien militaire de la Chine, les vietnamiens résistent et la France finit par renoncer à la suite de la calamiteuse défaite de Dien Bien Phu en Mai 1954.
Les accords de paix de Genève, en Juillet 1954, scindent le pays en 2 parties, le nord (communiste appuyé par la Chine) et le sud (appuyé par les Etats-Unis). Les troupes révolutionnaires communistes du nord mènent une guérilla dans le sud. Les Etats-Unis, dans le but idéologique d'endiguer le communisme en Asie, entrent en guerre en 1964. La guerre du Vietnam tourne au désastre pour les américains. En 1975, les forces communistes prennent Saïgon et les américains quittent le pays.
Le pays est réunifié en 1976, sous l'égide du parti communiste, aujourd'hui encore le seul parti autorisé dans le pays. Saïgon (la ville du sud) prendra le nom de Ho Chi Minh ville. Mais la capitale est HanoÏ, la ville du nord.
2 millions de vietnamiens sont morts durant ces 2 guerres.
Ho Chi Minh (ex Saïgon).
Autant le dire de suite, Ho Chi Minh (HCM) n'est pas une belle ville. Comparée à la capitale Hanoï, c'est le jour et la nuit. C'est une mégapole de 8 millions d'habitants et presque autant de 2 roues, mobylettes et scooters ! L'Hotel de Ville est dominé par une tour de verre. Changement d'époque, changement de style.
S'il y a quelque chose qui caractérise les vietnamiens, c'est bien le chapeau conique encore très répandu.



Il n'y a pas grand chose à voir ni à faire à HCM. Comme dans beaucoup de villes ou villages d'Asie, les marchés sont colorés et les règles d'hygiène bien plus laxistes que chez nous. Ils n'en sont pas malades pour autant, moi non plus d'ailleurs...



Dans toute entreprise, grande ou petite, le secret de la réussite tient dans une bonne organisation. Quelqu'un de bien organisé peut se permettre de prendre du temps libre. Et ça, le vietnamien l'a bien compris !

Je n'ai passé que 2 jours et demi et 3 nuits à HCM. C'est suffisant, et comme il fait 35°C avec un taux d'humidité de 85%, on étouffe vite.
Le delta du Mékong.
Il y a des fleuves mythiques, comme le Mississippi, le Nil, le Gange. Le Mékong peut être ajouté à la liste.
Il prend sa source au Tibet dans l'Himalaya. Long de 4500 km, il traverse 6 pays : la Chine, la Birmanie, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et le Vietnam. Au Vietnam, il se présente sous la forme d'un delta composé de 9 branches, et se jette dans la Mer de Chine.
Il est principalement utilisé pour le transport des marchandises, la pêche, la pisciculture, la riziculture et l'hydroélectricité. Mais aussi pour récupérer les eaux usées des millions d'habitants qui vivent au bord du fleuve pollué. Les vietnamiens y jettent leurs détritus sans scrupules, de manière naturelle. Je n'ai vu aucune prise de conscience des habitants ni aucune sensibilisation sur les règles élémentaires de propreté. C'est un véritable fléau dans un milieu naturel surpeuplé qui, du coup n'est pas naturel.
Je me suis d'abord rendu à Vinh Long en minibus, à 2 heures à l'ouest de HCM. Comme c'est une grande ville, j'ai pris un bac pour traverser le fleuve et loger en face sur la tranquille île de An Binh.
A An Binh il n'y a pas grand chose à faire sinon se promener à vélo. Il n'y a pas de voitures sur l'île, seulement des 2 roues. C'était un jour d'école, à l'heure de la pause de midi.

J'ai logé dans une homestay, c'est-à-dire chez l'habitant. Bon, avec 10 chambres et 3 bungalows, c'est plutôt un hôtel même si la famille y vit aussi. Nous étions une douzaine de touristes le soir à partager la grande table commune, dont plus de la moitié étaient des français. A 8€ la demi pension, avec un repas du soir délicieux et copieux, il serait malvenu de se plaindre, d'autant plus que c'est confortable.
L'intérêt de venir par ici, ce sont les promenades en bateaux (des barques à moteurs) à la découverte du fleuve. On part tôt le matin, à 6 heures, à l'heure du lever du soleil sur le Mékong.

En chemin (enfin, sur l'eau) on rencontre de nombreuses embarcations dont ces énormes bateaux transportant du riz dont la récolte à eu lieu il y a quelques semaines. Des bateaux impressionnants dont on se demande bien où est le pilote !

Au bout de 45 minutes de navigation, on arrive au marché de Cai Be, c'est un marché flottant sur le Mékong. Il est décevant car il y a peu de bateaux en réalité.


Mais la vie sur le fleuve et dans le village de Cai Be qui le borde est par contre très intéressante à voir. Etant parti tôt, nous étions le seul bateau de touristes. Il y a une église catholique, c'est pas très courant dans le pays.
L'habitat au bord du fleuve est le plus souvent rudimentaire, souvent fait de tôles rouillées et de bâches rafistolées. Beaucoup de famille vivent dans des conditions très difficiles, sur l'eau, dans l'humidité, parmi leurs détritus et avec les rats qui grouillent. En période de mousson, quand les villages sont inondés, ça doit être terrible...


Le Vietnam, c'est un pays où on ne voit jamais une femme à ne rien faire. Elles sont charmantes à l'ombre de leurs chapeaux pointus.


Encore un peu plus à l'ouest, à 1h30 de Vinh Long, je me suis rendu à Can Tho. Une grande ville de plus de 1 millions d'habitants. Que diable venir faire dans une si grande ville ?
Le centre ville, au bord du Mékong, est assez tranquille, il y a une promenade et un parc qui longent le fleuve et une belle passerelle piétonne au bout, une passerelle toute neuve très moderne dotée d'un bel éclairage la nuit. C'est le seul lieu clinquant de la ville.

De Can Tho aussi on part tôt le matin, à 5h00, pour aller voir des marchés flottants sur le Mékong. Pourquoi partir si tôt vous demandez-vous ? Tout simplement parce que les marchés se tiennent de 3h00 à 9h00 du matin, à cause de la chaleur plus tard et les vendeuses ne peuvent pas passer leur journée sous le soleil ardent. Je rappelle qu'il fait 35°C !
C'est un peu différent par ici, il y a moins de gros bateaux et de beaux palmiers.


Le petit marché de Phong Dien est bien sympathique avec ses vendeuses sur leurs petites barques, toutes coiffées du chapeau pointu. L'avantage de ce chapeau, c'est qu'il fait de l'ombre et est étanche, protégeant aussi bien du soleil que de la pluie. Elles le portent avec une mentonnière pour empêcher qu'il tombe. Il est fabriqué avec des feuilles de latanier, c'est un petit palmier. Il est plus rare de voir les hommes le porter.
C'est un marché aux fruits et légumes. En fruits, on trouve surtout des mangues, des pomelos, des ananas et des bananes. En légumes, des oignons, des tomates, des choux, du gingembre, etc...

Les mangues sont vraiment excellentes, c'est la pleine saison. Pourquoi s'en priver. Et en plus ça fait plaisir, ça se voit !

Après le marché, nous sommes allés naviguer un peu sur les canaux qui relient les bras du Mékong. La végétation est exubérante, et on n'échappe nulle part au cliché du Vietnam et du chapeau conique.
Force est de constater qu'ici, sur le Mékong, vit le peuple de l'eau.

Le lendemain, toujours à Can Tho, pour échapper à la ville, je suis passé de l'autre côté du Mékong. C'est ce qu'il faut faire pour voir le Vietnam authentique.
Je vous amène à la rencontre des vietnamiens que l'on ne voit pas lors des voyages sur catalogue. C'est le luxe du voyageur solitaire et maître de son temps. Je vais où je veux, quand je veux et je reste le temps que je veux. Ajoutés à ça, une pincée de curiosité, de flair, de culot, de chance, et me voilà complètement immergé dans mon voyage, dans un lieu où mon imaginaire m'a transporté avant d'arriver au Vietnam. Mon imaginaire s'est transformé en réalité.
J'ai traversé le Mékong en bac.

C'est un endroit à ne pas manquer. Et pourtant, dans ce village en face de la grande ville, ce n'est pas beau à voir partout.

Des maisons de fortune abritent une population pauvre et désœuvrée.

Le spectacle est désolant ! Des tas de détritus flottent à la surface des ruisseaux à l'arrière des habitations. Il n'y a presque plus d'eau, absorbée qu'elle est par la quantité des déchets. Et ces ruisseaux s'écoulent dans le Mékong...
Comment peut-on ne pas respecter son environnement le plus proche à ce point ? Je vous dis pas le nombre et la taille des rats...
Ceci étant dit et montré, tout le village n'est pas comme ça. En s'y promenant, on assiste à des tranches de vie quotidienne de ces gens sympathiques et très avenants avec le promeneur solitaire que j'étais ce jour-là. Les ruelles sont très étroites, la proximité entre eux est inévitable et quotidienne. A tel point qu'ils n'ont pas d'intimité, leurs maisons étant ouvertes sur les ruelles. Lorsque j'y étais, j'ai senti cette proximité avec eux. D'où cette déambulation villageoise comme si vous y étiez.


Comme je l'ai déjà dit, les femmes vietnamiennes sont courageuses. On les voit dans les champs, sur le fleuve, sur les chantiers de construction elles font les travaux pénibles, sur les marchés, le street food, vendeuses dans la rue, sur les plages, dans les hôtels, dans les restaurants, dans les boutiques, elles s'occupent de la maison, des enfants. Elles sont partout, et il n'y a pas de bureaucrates parmi elles...

Parmi les hommes non plus...

Pour aller au devant des autres, ceux dotés d'une culture différente, il faut au préalable se dépouiller de ses préjugés. Ça ne m'est pas difficile, depuis le temps que je voyage, heureusement que je n'en ai plus. Il faut montrer l'intérêt qu'on leur porte, ça ouvre des portes.

En voyage je vais donc facilement vers les gens. Je souris, je dis bonjour merci au revoir s'il vous plaît dans la langue locale. La politesse et la gentillesse sont les sésames des bons rapports humains. On se parle, pas longtemps mais le contact a eu lieu et quand ici je parle à 30 personnes dans la journée, c'est 10 fois plus que quand je suis chez moi. C'est miraculeux ! Donc forcément, le voyage m'intéresse, m'enrichit, m'épanouit, me réjouis, m'émeut, me passionne, me change aussi.
Les choses les plus simples sont les plus belles à voir.

L'île de Phu Quoc.
J'ai passé 5 jours sur l'île de Phu Quoc. Elle n'a pourtant rien d'extraordinaire mais je m'y suis quand-même plu. C'est peut-être parce que j'ai trouvé un bungalow confortable en dur avec accès direct à la plage de Long Beach. 5 jours les pieds dans le sable, 5 jours à glander au soleil.

Je fais un footing à 7h du matin, je nage 1 heure par jour dans une eau pas hyper chaude, 25°C quand-même. Je lis beaucoup allongé sur les chaises longues de l'hôtel sous les parasols parce qu'il fait trop chaud, 35°C à l'ombre. J'achète des fruits délicieux avec les sympathiques dames qui passent et repassent devant moi, sur fond bleu, avec leurs palanches sur leurs épaules. Elles vendent des noix de coco, des pastèques, des bananes, des ananas, des mangues.

C'est tout ce que je mange à midi, je me réserve pour le soir. A la tombée de la nuit (à 18h), les tables des restaurants sont disposées sur le sable au bord de l'eau sous les lampions.

Thons, daurades, barracudas, maquereaux, crevettes géantes, calamars décorent les présentoirs.
Je choisis mon poisson...

...et j'attends en regardant la mer. L'éclairage des bateaux de pêche brille à l'horizon dans la nuit. On vient me servir. Alors que je savoure tranquillement, l'eau vient me lécher les pieds...et là, je suis bien !




















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