Le Chili : la région des lacs et des volcans.
15 déc. 2016
5 min de lecture
La région des lacs et des volcans est aussi grande que la Bretagne, à cheval sur le Chili et l'Argentine.
Pucon.
Pucon est un village de chalets en bois dont la plupart sont des hébergements chez l'habitant. Autant dire qu'ici on ne risque pas de dormir dehors. C'est un lieu de villégiature situé au bord du lac Villarrica et sa plage de sable noir, et au pied du volcan Villarrica, ce qui fait beaucoup d'atouts.
J'ai séjourné dans un chalet pendant 4 jours, un chalet composé d'un salon, d'une cuisine, de 2 chambres et d'une salle de bain. Rien que pour moi pour 12€/jour. Un bon plan donc.


Le village est situé à 200 m d'altitude, et pourtant...c'est une station de montagne avec ses pistes de ski ! C'est pas possible, me direz-vous ! Ben si, parce qu'il y a sa Majesté le volcan Villarrica !



Le magnifique volcan Villarrica, 2847 m, est un bijou aux pentes enneigées qui dégoulinent sur le village et le lac.
Je n'ai pas pu résister et j'ai chaussé les crampons. On monte en minibus jusqu'à 1400 m au niveau des pistes de ski. Il ne reste plus que 1450 m de dénivelé à escalader. Sous un soleil radieux, 4 heures plus tard (mon guide était un peu lent) j'arrive au sommet, au cratère qui possède en son cœur de la lave en fusion. C'est un volcan actif qui est entré en éruption très récemment, en mars 2015. Il a dû faire un cauchemar, s'est réveillé et s'est rendormi aussitôt. C'est la première fois que je voyais un volcan actif à ce point. On ne reste pas longtemps au sommet, l'air est irrespirable, les gaz sont toxiques.
L'ascension, qui se fait dans la journée, coûte 115€. C'est cher pour une journée, mais vous allez voir qu'au fil des jours, les prix vont considérablement grimper.

Les alentours de Pucon sont de toute beauté. Les lacs, on ne les compte plus tellement il y en a. J'ai loué une voiture pendant 3 jours pour explorer la région.
La région s'appelle Araucania, du nom de l'Araucaria, un arbre surprenant qui peuple les forêts du parc national Huerquehue. Je crois qu'on en trouve chez quelques pépiniéristes de France spécialisés dans les arbres exotiques.


En descendant au sud de Pucon, le plus beau lac est le lac Panguipulli. Mais juste avant d'y arriver je me suis arrêté voir la cascade du parc national Huilo Huilo. Une très belle cascade au débit impressionnant, dans un cadre verdoyant.

Le lac Panguipulli avec encore un volcan en arrière plan, et la ville de Panguipulli avec ses maisons typiques en bois.


J'ai perdu l'habitude de conduire une voiture et j'en avais un peu marre d'avaler les kilomètres. J'ai donc pris l'option d'aller en ville. Quelle drôle d'idée me direz-vous de louer une voiture pour admirer les paysages et de finir en ville où j'aurais pu me rendre en bus...
Valdivia.
Comme la ville de Nantes, Valdivia est située au bord d'un fleuve, non loin de l'océan, sauf qu'ici, il s'agit du Pacifique. Au bord du fleuve, il y a un marché de fruits et légumes, de poissons et coquillages.
C'est l'été et les fruits de saison sont les mêmes qu'en France. A savoir cerises, fraises, framboises, nectarines, abricots, groseilles, etc...
Derrière le poissonnier, un drôle d'animal attend sa pitance.


Une colonie de lions de mer habite à Valdivia, en ville...On les appelle lions de mer, parce que les mâles ont une crinière à poils courts.
A force d'attendre, la récompense finit par arriver. On voit très bien une tête de poisson dans la gueule du lion...

Il n'est pas rare d'assister à des scènes de tendresse des mâles envers les femelles languissantes et soumises.


Je quitte la ville, en voiture, pour aller voir l'océan Pacifique, non loin de là. L'endroit le plus intéressant est sans conteste la plage et le petit port de pêche de Los Molinos. C'est un port de pêche artisanale.


Le retour de pêche, auquel j'ai assisté, provoque un petit embouteillage sur les bords du quai de débarquement. Les petites barques jaunes donnent un cachet indéniable à cette scène de la vie des pêcheurs chiliens au travail un dimanche.
Les seaux se remplissent vite de crabes, et les caisses de poissons que je vais retrouver dans mon assiette le soir-même...



Je vous mets au défi de trouver un port de pêche artisanale comme celui-ci en France. Malheureusement, ça n'existe plus.
Cette virée en voiture m'a permis de voir une infime partie du Chili indépendamment des transports en commun. J'ai beaucoup aimé, et je crois que je renouvellerai l'expérience qui représente un coût supplémentaire, mais aussi une liberté très appréciable.
Puerto Varas.
La belle Puerto Varas ! Elle aussi est lovée au bord d'un lac, le lac Llanquihue. Elle aussi est dominée par un volcan, le volcan Osorno qui s'élève à 2652m. Un volcan drapé de blanc dans sa partie sommitale.

Vous devez penser que j'ai encore chaussé les crampons. Ben non...Cette fois-ci ça ne m'intéresse pas. Non je déconne, j'en meurs d'envie. La "balade" se fait dans la journée en aller-retour. C'est une ascension assez technique, plus difficile que le volcan Villarrica, son voisin plus au nord. Mais je n'y suis pas allé.
Ça coûte 250€ !!! la journée, sur la base de 2 personnes avec un guide et tout l'équipement. JP passe ton chemin...
Je me suis contenté de faire une belle rando (gratuite) d'une journée à la base du volcan. Une journée éprouvante, le chemin était sablonneux. Mais le panorama valait les efforts consentis.



Le silence était d'or. Mais alors que je prenais une photo panoramique, parvint à mon oreille un peu faible, un cri strident en 2 temps. L'oiseau doit être gros, me dis-je. Je l'ai cherché sur les grosses branches pouvant supporter le poids d'un tel oiseau, mais je ne le voyais toujours pas. Son cri retentit plusieurs fois de suite, toujours aussi beau et énigmatique. C'est alors que je m'apprêtais à renoncer que je l'aperçois à 5 mètres de moi, posé sur une petite branche, normal pour un petit oiseau à la puissance vocale étonnante pour sa taille. Et en plus, il est beau.

A la tombée du jour, le volcan Osorno, vêtu de sa cape rose, domine le lac dont rien ne vient troubler la limpidité.

Les conquistadors espagnols ne sont pas descendus jusqu'ici, au sud du Chili. Ce sont des colons allemands qui fondent la ville au milieu du XIXème siècle, avec le soutien du gouvernement chilien, en vue de peupler les terres les plus au sud du pays. L'architecture de la ville se caractérise par ses maisons en bois d'alerce, un arbre de la région. Le style est typiquement germanique. La ville est classée au patrimoine historique chilien. Ses vieilles maisons, donne à Puerto Varas un charme suranné.

Les chiliens aiment la musique. Dans chaque ville où je passe, un ou des musiciens jouent devant un public toujours attentif, allant de son généreux pourboire.

Le Chili ! J'attends la fin de mon voyage dans ce pays pour me faire une opinion définitive. Mais, d'ores et déjà, je peux dire que c'est un pays absolument remarquable. Les décors sont somptueux, mais, avant tout, ce sont les chiliens eux-mêmes qui font la meilleure publicité pour leur pays. C'est un peuple gai, d'une bonne humeur communicative. Ils sont souriants et gentils, j'ai rarement vu ça. C'est impressionnant et tellement agréable !




















Commentaires