L'Uruguay : Histoire et le littoral atlantique.
18 mars 2017
6 min de lecture
L'Uruguay est un petit pays coincé entre 2 grands. L'Argentine à l'ouest et au sud, séparés par le Rio de La Plata, et le Brésil au nord est. Il a une façade maritime à l'est avec l'océan Atlantique.
3,5 millions d'habitants dont 1,5 millions à Montevideo, la capitale. La langue est le castillan, la monnaie le peso uruguayen.
La culture du cannabis à domicile est légale et réglementée, sa consommation est importante. Il n'est pas rare de voir à Montevideo quelques désœuvrés dont beaucoup dorment sur des matelas dans la rue et dans les parcs. De plus, c'est une ville plutôt sale. Bref, j'ai été déçu par la ville où il n'y a rien d'intéressant à voir, rien d'intéressant à faire et, par conséquent, rien à en dire d'autre...
Colonia Del Sacramento, belle de jour, belle de nuit.
Colonia est à une heure de bateau de Buenos Aires, de l'autre côté du Rio de La Plata. La ville a été fondée au XVIIème siècle par les portugais. Les espagnols siégeant en face en Argentine, ont vu ça d'un mauvais œil. Après plusieurs batailles, la ville a été cédée aux espagnols au XVIIIème siècle. Voilà pour un peu d'histoire.
Tôt le matin, le centre historique m'appartient. Les vieilles ruelles pavées encore assoupies laissent entrevoir un ciel et une mer déjà bleus. Rien n'entrave l'éclairage du jour naissant sur les murs décrépis gris et rouges de la belle rue des Soupirs.

Ces vieilles voitures ne sont pas des épaves abandonnées là négligemment. Non, elles font partie du décor du XXème siècle, aménagées en table de restaurant. La nostalgie est au rendez-vous au détour de chaque rue.


A Colonia, on est plongé dans un autre temps, pas très lointain, mais si loin de nos jours tourmentés. Le centre historique est un enchantement, on y mange très bien, c'est un peu cher, mais c'est le prix de la beauté. C'est peut-être le soir que le quartier est le plus beau, au coucher de soleil s'assombrissent les pavés. Les tons mauve annoncent une belle nuit de tiédeur, encore de beaux moments dans ma mémoire gravés.

Piriapolis.
J'y ai vu un point commun avec la Bretagne très inattendu...
La ville est située au bord de l'océan atlantique. Il en va ainsi de beaucoup de stations balnéaires qui s'échelonnent vers le nord jusqu'au Brésil.
C'est une grosse station balnéaire, plutôt familiale. Les argentins sont nombreux en vacances pour profiter du littoral uruguyen. Paradoxalement, l'Argentine qui a une façade maritime côté atlantique d'environ 3000 km, n'a pas de stations balnéaires, mise à part Mar Del Plata, mais l'eau est froide. En Uruguay, le climat est plus chaud, l'eau aussi et les uruguayens font tout pour les accueillir et bien vivre avec les devises du grand pays voisin.
Je ne vous en ai pas encore parlé, mais en ce moment la chaleur est suffocante. Il fait 35°C à l'ombre tous les jours et la température ne descend pas beaucoup la nuit quand il fait 28°C. Piriapolis n'y échappe pas.
S'il y a foule c'est parce que c'est le WE du Mardi-Gras. Ici c'est un grand WE férié du samedi au mardi. C'est l'équivalent du WE du 15 Août chez nous. Les vacanciers ne sont pas tard à prendre la plage d'assaut. A 11h du matin, la foule est déjà en mode bronzage.

Il fait chaud, ça c'est sûr. Alors tout le monde a son parasol et sa chaise pliante. Les jets skis ont la cote auprès des jeunes qui s'adonnent aux joies de la vitesse sur l'Atlantique.

Il faut bien s'occuper un peu. Et si on jouait aux boules ! Ici la pétanque de plage se joue avec des boules plates, ce sont donc des palets en plastique. Rigolo n'est-ce-pas ! Mais ce n'est pas ça le point commun avec la Bretagne.


En fin de matinée, le jour du Mardi-Gras, j'ai assisté à une scène assez surréaliste à laquelle j'étais loin de m'attendre. Un concours de boules bretonnes sur la plage, en plein cagnard !...On va dire que c'est un concours de boules uruguayennes.
J'ai suivi une partie, les boules sont les mêmes, le terrain aux mêmes dimensions et les règles identiques. Bluffant !

La chaleur est intenable. Trop c'est trop. Alors j'ai acheté un parasol. C'est pas une blague...Il est pas beau mon parasol à fleurs et à carreaux ! On dirait une vieille nappe recyclée...J'ai acheté un joli chapeau aussi. La panoplie du parfait Bidochon en vacances. Ah Ah ça me fait rire ! Même pas honte...Mais vous allez voir que mon cas ne va pas s'arranger...

Je vous jure que je n'ai pas acheté une chaise pliante...
La Barra.
C'est a une heure et demi plus au nord en bus. Juste après Punta Del Este, le Saint Trop' uruguayen, où je ne me suis pas arrêté. Quelques kilomètres plus loin, c'est La Barra et ses plages de sable blanc.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est chic. De belles villas ont vue sur la mer. Si on passe côté rue, on s'aperçoit, en voyant les voitures, qu'il n'y a que des argentins. C'est la Côte d'Azur des argentins fortunés, l'Uruguay est devenu leur résidence secondaire. Les boutiques de luxe se succèdent, les galeries de peinture aussi ainsi que les nombreux magasins d'ameublement, ça va de la brocante au design. Il n'y a rien de bon marché. Le soir, les belles robes sont de sortie. Les argentins arrivent au restaurant avec leurs emplettes achetées au prix fort.

Cabo Polonio.
Cabo était un village de pêcheurs où il n'y a plus de pêcheurs, situé au bout d'une presqu'île. Toutes les activités sont liées au tourisme ; auberges, restaurants, petites maisons de pêcheurs à louer. C'est un lieu hautement touristique.
A Cabo, il n'y a pas d'électricité ni de route pour y accéder. Du parking des voitures et des bus, une piste sablonneuse de 6 km relie le village. Le dernier km se fait sur la plage. On embarque dans de gros camions adaptés à la piste, ce qui rend la demi heure de trajet assez épique !



C'est en arrivant sur la plage en camion qu'on aperçoit la presqu'île et le village dominés par un phare.

Il faisait beaucoup moins beau que les jours précédents, le temps était nuageux et le village balayé par le vent. Il y a des dunes de 30 m de hauteur près du village. On se croirait sur une île bretonne ou vendéenne. De petites maisons blanches ou colorées sont louées par des vacanciers en mal d'authenticité.

Si on se croirait sur la côte bretonne, ce n'est pas seulement parce qu'il y a le phare, c'est surtout parce qu'il y a une petite côte de granit rose !!!...

Comme je l'ai dit, il n'y a pas d'électricité dans le village, ce qui en fait un lieu rare et insolite. On appelle Cabo, le village hippie. Il n'y a plus de hippies, mais c'est une ambiance baba cool, incontestablement. J'étais logé dans une auberge sympa, le Lobo hostal, je dormais dans un petit dortoir glauque de 4 lits grand comme ma salle de bains, mais ça allait, je ne suis pas trop exigeant sur le confort lorsque je voyage.


Rassemblés autour du feu de camp devant l'auberge, la soirée s'est passée à écouter de la musique live. Beaucoup de jeunes donc, beaucoup de vin et beaucoup de pétards. Les bouteilles de vin circulent de main en main et de bouche en bouche car on le boit au goulot. Quand il n'y en a plus, on va en acheter à tour de rôle. Mes copines de chambrée, uruguayennes, ont bien défendu leur part. Sacrée soirée !

J'ai eu un peu mal au crâne le lendemain...J'étais pas le seul !
J'ai terminé mon escapade uruguayenne à Punta del Diablo, pas loin du Brésil. La plage est pas mal, sans plus, on y mange du poisson délicieux et des moules. Il fait toujours beau mais il y a un peu de vent qui atténue la chaleur.

Depuis que je suis en Uruguay, il y a un peu de vent tous les jours. J'ai dû par 2 fois retenir mon parasol avant qu'il ne s'envole. Mais un jour que je me baignais, je vois un parasol faire des culbutes sur la plage. Bon Dieu ! Mon parasol ! Je sors de l'eau et cours après lui sur au moins 200 m. Au fur et à mesure, à chaque rebond, je le voyais se disloquer. Finalement, j'arrive à l'arrêter, les spectateurs assis sur leurs chaises pliantes riaient sous cape. Il y avait de quoi, les baleines étaient tordues, le tissu en vrac. Alors que je lui portais les premiers secours, une rafale de vent, et hop ! Mon chapeau qui s'envole à son tour. J'abandonne l'agonisant et me mets à courir après ma coiffe bondissante. C'est d'un pied rageur que je l'arrête. Là, le public n'en pouvait plus, riant de bon cœur. Moi, je riais jaune. C'est avec mon parasol déglingué et mon chapeau écrasé que je suis rentré à l'auberge où j'ai passé une heure à redonner forme à l'ensemble.
Il y a un mois, j'étais en train de crapahuter joyeusement dans la Cordillère des Andes et me voilà maintenant en train de à courir après mes articles de plage et de faire rire tout le monde...
Mais il faut plus que ça pour entamer mon optimisme. C'est avec mon chapeau encore un peu de travers et le parasol réparé sous le bras que je poursuis mon petit bonhomme de chemin.
Prochaine destination : le Brésil !





















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