Le Brésil : de Rio de Janeiro à Ilha Grande.
30 avr. 2017
7 min de lecture
Rio de Janeiro.
C'est une ville de 6 millions d'habitants située sur la côte atlantique sud. Ses habitants s'appellent les cariocas. La ville fait rêver avec soit-disant la plus belle baie du monde, les plages d'Ipanema et de Copacabana, le Pain de Sucre et le célébrissime Christ Rédempteur au sommet du Corcovado, le carnaval, et le soleil. Ça fait beaucoup d'atouts pour une seule ville.
Mais il y a aussi les favelas, ces bidonvilles adossés aux collines de la ville. Ce sont des quartiers pauvres, de non droit, contrôlés par la mafia. Violence, trafic de drogue, d'armes, prostitution, misère, assassinats sont les gros fléaux, c'est un véritable chaos, une déstructuration du tissu social. La population est majoritairement noire, exclut socialement. Le taux de criminalité est important et l'espérance de vie est faible, beaucoup d'enfants y laissent la vie tous les jours. L'homicide est la principale cause de la mort des moins de 18 ans. Il y a environ 900 favelas à Rio, représentant 25% de la population, soit 1,5 millions d'habitants. Faute de pouvoir se payer un loyer en basse ville, beaucoup de travailleurs pauvres montent habiter dans les favelas. Beaucoup de gens ordinaires donc qui sont obligés de subir un mode de vie catastrophique, faute de mieux.
J'ai eu la chance de trouver un hébergement à 5 minutes à pied de Copacabana, mais j'étais aussi à 200 m d'une favela où il n'est pas possible de s'y rendre, à moins de ne pas tenir à la vie. Rio est dangeureuse. Pour preuve, j'ai assisté à une descente de flics sur la plage de Copacabana envahie par les plagistes en plein après-midi. Armés de longues matraques, ils ont arrêté des voleurs sans ménagement. C'est pas très rassurant tout ça.
Il y a des favelas "pacifiées" que l'on peut visiter. Je n'y suis pas allé.

Copacabana fait 4 km de long, bordée par une rambla en petits pavés blancs et noirs disposés en forme de vagues, devenus un des symboles de la ville. Les vendeurs de paréos, de tee-shirts, de colliers et bracelets, de chapeaux, entre autres, font la renommée de la plage. Tout le long, il y a des buvettes/restos. Boire une caipirinha le soir dans une ambiance de bossa nova, avec le bord de mer éclairé, c'est une expérience inoubliable. Copacabana est la plage la plus célèbre du monde, mais certainement pas la plus belle. On aperçoit en arrière plan à droite, un pic rocheux, c'est le Pain de Sucre.




Le Pain de Sucre est un monolithe en granit de 396 m de haut qui se jette dans la Baie de Rio. C'est un des hauts lieux de la ville, accessible en téléphérique. C'est de la plage de Botafogo que la vue sur le pain de sucre est la plus belle.

Il ne faut surtout pas hésiter à y monter car la vue de là-haut est tout simplement splendide. On voit le Christ Rédempteur au loin, au sommet du Corcovado.

On voit très bien la plage de Copacabana dans toute sa longueur.

La vue d'ensemble est grandiose !

Là-haut, il y a de l'espace. En tournant autour de la station de téléphérique, on a une vue à 360°. On voit que les quartiers sont imbriqués parmi les collines verdoyantes et les pics rocheux qui parsèment la ville. Le must au sommet du Pain de Sucre ? Boire un verre en terrasse avec Copacabana en arrière plan !

Le Christ Rédempteur.
Il est érigé au sommet du mont Corcovado, à plus de 700 m d'altitude, et mesure 38 m de haut (30 m pour la statue et 8 m pour le piédestal). Il a été inauguré en 1931. C'est un monolithe sculpté dans la stéatite, une roche tendre et résistante à la fois. Cocorico ! C'est le sculpteur français Paul Landowski qui l'a réalisé.


La foule était au rendez-vous, comme tous les jours de beau temps. L'espace devant le Christ étant réduit, c'est une masse compacte de touristes qui a envahi le site. 800 000 visiteurs y montent par an. De là-haut, le panorama est grandiose. On aperçoit le Pain de Sucre au centre, au loin. Et toute la baie de Rio s'étale sous nos yeux.


Buzios.
Buzios est à 180 km de Rio, lovée au creux d'une anse de la péninsule de Buzios qui fait 8 km de long.
C'était un paisible village de pêcheurs jusqu'au jour où Elle est venue. Depuis cette année-là, la ville s'est transformée pour devenir aujourd'hui, la 5ème ville la plus touristique du Brésil. Partie de rien, il y a aujourd'hui 400 hôtels ou pousadas, des boutiques de luxe. Se loger et manger au restaurant coûtent assez cher, et ce n'est pas ici que je vais faire du shopping.
On la nomme la Saint-Trop' du Brésil depuis qu'Elle est venue. Elle, la star. Elle a une statue au bord de la promenade qui longe le port. Des cafés, des restaurants, le petit cinéma, des bateaux portent son nom. C'est la muse de Buzios.
Voici la statue de la star. Les touristes brésiliens posent à ses côtés, j'ai vu des hommes l'embrasser sur la bouche...

Vous l'avez reconnue ? Elle est blonde et porte une marinière, elle doit être française.
Quelques indices faciles pour vous aider.


Et oui, c'est notre BB nationale. Brigitte Bardot !
Au fait de sa gloire, pour échapper à la pression médiatique, aux paparazzis qui la traquaient sans cesse, elle est venue passer 4 mois à Buzios en 1964 dans les bras d'un brésilien. Le veinard.

Je trouve cette histoire intéressante car elle démontre le pouvoir qu'avait Brigitte Bardot du temps où elle était jeune et belle et célèbre. C'est incroyable. A elle seule, elle a fait Saint-Trop' et Buzios !
Aujourd'hui, les brésiliens qui aiment la plage et qui ont les moyens, viennent à Buzios, the place to be.

La péninsule présente plusieurs anses et criques avec un total de 23 plages, certaines ouvertes sur l'océan ou cachées au fond d'une crique. Il y a un petit air de Méditerranée. Je n'ose pas imaginer le prix de l'immobilier.


La plage la plus courue est la plage Joao Fernandes. La voici à 11 heures du matin, il y a déjà beaucoup de monde.

C'est assez spectaculaire de voir tout ce monde de bonne heure, bien installés sur leurs chaises pliantes et sous les parasols, le tout loué 30€ la journée. Ça sent la friture, on y croise des vendeurs de pizzas, de maïs grillés, de brochettes. Les vendeurs de glace bien sûr, mais aussi de maillots de bains, de robes, de shorts et même de nappes. Il y a une vie sur la plage. Des guitaristes jouent et chantent des chansons brésiliennes. C'est la kermesse quoi !

La plage n'est pas large. En fonction de la marée, ils se retrouvent les pieds dans l'eau. Ce qui ne les dérange pas le moins du monde.

Ouro Preto.
Je me souviendrai de Ouro Preto comme étant la ville où on m'a volé mon sac à dos. Je ne vais pas raconter les circonstances, mais on me l'a bien volé. Me voilà avec plus rien du tout. Plus de sac à dos, plus de vêtements, plus de sous-vêtements, plus de chaussures, plus de trousse de toilettes, plus de médicaments, plus de chargeurs pour l'appareil photo et l'ordinateur, plus de souvenirs du Brésil...La cata ! Lorsque j'ai été volé, heureusement que j'avais avec moi mon petit sac avec l'ordinateur, l'appareil photo, la liseuse, mon passeport et mon portefeuille.
Il faut un peu de temps pour apaiser la colère...

Ouro Preto est une petite ville à 300 km au nord de Rio, elle est classée au patrimoine mondial de l'humanité. C'est un cité coloniale bâtie au début de XVIIIème siècle à la suite de la découverte de gisements d'or dans les montagnes.


Aujourd'hui, il n'y a plus d'or, mais il reste la ville. Elle a été construite sur plusieurs collines aux pentes raides. La visite de la ville s'avère être un exercice physique. Les rues sont pavées, et ce qui caractérise le plus Ouro Preto, ce sont les églises baroques, il y en a une quinzaine.

C'est une belle ville, très touristique et un peu chère. C'est aussi une ville pieuse, beaucoup de boutiques sont spécialisées dans la vente de souvenirs religieux. La présence de toutes ces belles églises y est pour beaucoup, on y vient pour les visiter, et pour pratiquer.

Ilha Grande.
Pour me remettre de mes émotions de Ouro Preto, pour me ressourcer, j'ai décidé de séjourner une semaine sur une île, au soleil, avant de rentrer au pays. J'ai choisi Ilha Grande (l'île grande). C'est là que j'ai retrouvé le plaisir.
L'île fait une trentaine de km de long, elle est montagneuse, recouverte d'une forêt dense et luxuriante. Il n'y a pas de routes, pas de véhicules, seulement des bateaux-taxis pour aller sur telle ou telle plage.
Il n'y a qu'un seul village où se situe l'embarcadère. Le petit village de Abraao.

Dans ce beau et agréable village, il n'y pas ou peu de vie villageoise. Il n'y a que des hébergements pour touristes, des restaurants, des boutiques et des agences qui vendent des tours en bateaux et des transferts à Paraty et Rio.
Le soir on mange à même la plage, sous les lampions en écoutant des airs brésiliens. L'ambiance est excellente et les brésiliens charmants.

Le soleil était ardent, l'eau chaude. Il était bien agréable de se prélasser sur les plages à l'ombre des palmiers, des figuiers et des mimosas.



J'ai pris un tour en bateau d'une journée. On embarque dans de petits hors bords et on va voir les petites îles environnantes, on se baigne, on pique-nique, on se baigne. Il fait beau, il fait chaud. La belle vie quoi ! Pourquoi se fouler, il n'y a rien d'autre à faire...



On est à 3 heures de Rio en voiture. C'est pas loin pour les riches de venir faire du bateau dans cet endroit paradisiaque. On voit beaucoup de yachts naviguer dans les parages, les villas en bords de mer sont luxueuses, j'en ai vu avec une aire d’atterrissage pour hélicoptère.
Bien plus jolis sont les quelques bateaux de pêche abrités dans les criques de l'île.


Je n'ai pas pu m'empêcher d'aller marcher un peu, 4 petites heures. Notamment pour aller jusqu'à la plage Lopez Mendes.

Cette plage est classée parmi les 10 plus belles du Brésil. Je me méfie de tous ces classements, mais il faut bien admettre que de ce côté de l'île, on se régale dans un lieu tranquille et bien préservé.
La vie est belle au soleil !

Cette semaine de repos à Ilha Grande a été bénéfique, idéale avant d'affronter le climat plus tempéré de France.

Fin d'un fabuleux voyage de 7 mois en Amérique du sud !




















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