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Argentine : Buenos Aires...et le Tango bien sûr.

28 févr. 2017
5 min de lecture

Buenos Aires, la capitale de l'Argentine, est située sur les rives du Rio de la Plata (le fleuve de la Plata). De l'autre côté, c'est l'Uruguay.

C'est une ville de 3 millions d'habitants, les portenos (les habitants du port)

Après 4 mois et demi passés à descendre la cordillère des Andes, arriver dans une grande ville où il fait 30°C, le choc a été rude. Il m'a fallu 2 jours pour m'y faire et pour m'adapter aux transports en commun. On achète une carte rechargeable, et avec celle-ci on prend aussi bien le bus que le métro. C'est simple comme bonjour.

J'ai loué un grand appartement de 80 m2 avec un grand balcon et une grande terrasse sur le toit. J'avais un vélo à disposition, j'en ai bien profité, les pistes cyclables étant nombreuses. La décoration de l'appartement est du style des années 70. Plutôt kitsch.

C'est une grande ville comme beaucoup d'autres capitales, avec ses monuments anciens qui se reflètent dans les immeubles en verre de notre époque. Rien d'extraordinaire mais intéressant à plus d'un titre. L'emblème de la ville, c'est un grand obélisque de 70 m de haut qui trône sur la place de la République. Il a été édifié en 1936 à l'occasion du quadricentenaire de la fondation de la ville par les espagnols. La nuit, il est lumineux !


Jamais on ne verra ça en France. Des centaines de recours administratifs empêcheraient un projet comme celui-là de voir le jour, pour des raisons de sécurité. Sur une centaine de mètres, sous les arches d'un pont ferroviaire, sont installés des cafétérias et des restaurants. Et ce n''est pas une voie de chemin de fer désaffectée, on voit la queue du train sur cette photo. Manger là, ça change du train train quotidien...

Une autre institution de la ville, ce sont les centaines de kiosques verts installés sur les trottoirs. Outre journaux et magazines, on y trouve des souvenirs, des porte-clés, des badges, des auto-collants. Le kiosque est aussi un lieu de causerie dans les quartiers.

Le théâtre et la littérature ont toujours fait bon ménage, l'un ne peut pas se passer de l'autre. A Buenos Aires, la librairie El Ateneo est la quintessence de cet amour. Le théâtre Grand Splendid a été inauguré en 1919. Les plus grands noms du Tango, dont le légendaire Carlos Gardel, ont fait la gloire de ce lieu d'exception. Restauré en 2000, il abrite aujourd'hui une immense librairie riche de 120 000 livres ! Elle est considérée comme étant la plus belle librairie du monde.





Le décor est somptueux ! Les 120 000 livres sont partout, dans le parterre, dans les balcons et les loges. Loges qui abritent aussi des salons de lecture. Une grande fresque recouvre la coupole centrale de 20 m de diamètre. Elle représente la fin de la Première Guerre Mondiale.

Le bruit des couverts, cuillères et fourchettes, tasses et verres, et les papotages, pourraient faire croire qu'une scène de théâtre est en train de se dérouler, ou alors qu'un metteur en scène dirige une répétition. Ce n'est qu'une impression. La grande scène, encadrée par un magnifique rideau de velours rouge sang, est reconvertie en cafétéria.

C'est absolument splendide ! Près d'un million de visiteurs s'y pressent chaque année.

J'aime le jazz, et j'ai eu l'occasion d'assister à un beau concert d'un quintet de jeunes argentines au Club Notorious. J'ai pris beaucoup de photos qu'elles m'ont demandées de voir à la fin du concert. Elles m'ont offert leur CD en échange d'une dizaine photos que je leur ai envoyées par email. La leader du groupe, la saxophoniste, était déchaînée sur scène ! Le groupe s'appelle Ladies Quintet.


C'est un quartier un peu bohème, culturel, un théâtre de rue. C'est un lieu artistique devenu aussi un haut lieu touristique de Buenos Aires. Les maisons sont colorées, des personnages en papier mâché vous saluent depuis les balcons en fer forgé.

Nous sommes à Caminito. Un petit bijou !











Un tango porte le nom du petit quartier. Le tango Caminito.

Les restaurants proposent à leurs clients quelques représentations sur une petite estrade à l'entrée dont peuvent profiter aussi les passants. On se croirait dans le passé, à la Belle Époque.

Le Tango argentin.

Il y a le tango pour touristes, ce qu'on appelle les tango shows. Je ne pouvais pas y résister, d'ailleurs personne n'y résiste. C'e n'est pas le tango traditionnel, mais c'est un vrai spectacle quand-même, assuré par des professionnels. C'est un tango acrobatique, spectaculaire, certes pas très authentique, mais on en a pour son argent. C'était au Piazzola Tango, un théâtre de toute beauté en plein centre ville.

Les costumes sont représentatifs de la Belle Epoque. A Paris, il y a le French Cancan, à Buenos Aires il y a le Tango. C'est un peu le même principe. On peut choisir d'assister au spectacle seul ou avec repas et boissons inclus. Je n'ai pas voulu jouer le jeu à fond, c'est pas trop mon style. J'ai donc choisi le spectacle seul pour la somme de 30€. Ce n'est donc pas très cher et j'étais très bien placé.

Lorsqu'on nous vend le show, on nous annonce 1h45 de spectacle. Au bout de 1h10, c'était fini. Bon, c'est la loi du business, il faut s'y faire. Mais je n'ai pas de regrets, car c'est du haut niveau.

Il y a plusieurs tableaux d'une durée de 5 minutes environ, le rythme est soutenu. Les danseurs sur scène sont des sportifs de haut niveau. Un peu comme au patinage artistique en couple, ce tango est très acrobatique. Avec des jeux de lumière dans des tons feutrés, souvent rouges. C'était difficile de prendre de belles photos, d'autant plus que le flash est interdit.

Les danseurs sont beaux, les danseuses sont belles, tous triés sur le volet. Tout ça est très bien mené, c'est très esthétique. Les musiciens sont au nombre de 6, en arrière plan mais sur la scène, très proche des danseurs. Ce qui veut dire qu'ils ne sont pas négligés. La musique et la danse, c'est comme le théâtre et la littérature. Un pianiste, un contrebassiste, deux violonistes et deux accordéonistes ont accompagné les danseurs tout au long du show.

A chaque tableau, les tenues changent. Les hommes sont toujours en costumes sombres, de beaux ténébreux à la barbichette, parfois avec le chapeau qui ne tombe jamais. Ils sont sérieux et appliqués. La classe ! Les femmes sont plus légères, plus virevoltantes, les hommes les mènent, leurs robes sont colorées, les talons à aiguillent de rigueur. Elles lèvent la jambe, parfois très haut, des jambes gracieusement découvertes.

Sous l'étoffe soyeuse, l'argentine coquine dévoile tous ses charmes !!!...

Après le show, place au bon vieux tango, celui des anciens, le tango traditionnel, moins touristique. Ça s'appelle les milongas, ce sont des bals populaires qui se déroulent dans de grandes salles, tous les jours. Ils commencent à 23h et durent jusqu'à 4h du matin.

Les argentins, hommes et femmes, d'un âge certain, arrivent petit à petit au fil de la nuit avec leur sac renfermant leurs chaussures de danse.

C'est un peu comme nos bals musette d'autrefois ou bien nos thés dansants d'aujourd'hui, voire les fest-noz bretons. Là s'arrête la comparaison parce que ici, une seule danse est dévolue, le Tango.



La danse est harmonieuse, lascive, et tout à coup une jambe se plie, se lève, s'enroule autour de son partenaire. C'est très technique et ça demande sûrement des années de pratique. Des décennies pour moi...

Ils tournent toute la nuit, les partenaires s'échangent. Ils se connaissent, ce sont des habitués. L'air est grave, ça ne rigole pas. Le Tango, c'est du sérieux. C'est une danse entretenue par les plus anciens. Les jeunes couples sont rares, mais il y en a. Assez pour assurer la relève ? je ne sais pas.


Le Tango, c'est avant tout une complicité, une recherche de la perfection, un art, une danse nostalgique d'où se dégage l'âme des portenos.

Le Tango, c'est avant tout un homme et une femme, tout simplement...Magnifique !

 
 
 

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