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Le Brésil : de Porto Alegre aux splendides chutes d'Iguaçu.

31 mars 2017
8 min de lecture

Le Brésil est un pays immense, grand comme 16 fois la France, comptant plus de 200 millions de brésiliens. La monnaie est le réal et ils parlent le portugais. J'comprends rien, un vrai charabia ! C'est finalement assez éloigné de la belle langue de Cervantès

Lorsqu'on arrive d'Uruguay, la première grande ville du sud du Brésil est Porto Alegre, 1,5 millions d'habitants. J'y ai passé une demi journée et une nuit. Il n'y a rien d'intéressant a en dire.


Gramado.


J'ai pris l'option d'aller prendre un peu l'altitude. Pas beaucoup, à 850 m, dans une petite région vallonnée et boisée, une région viticole aussi. La petite ville de Gramado est charmante, donc touristique. On se croirait dans les montagnes noires allemandes. C'est sans doute pour cela que des allemands et des suisses, et des italiens, sont venus s'installer dans la ville au début du XX ème siècle. L'habitat s'en ressent avec de grandes bâtisses en pierre et en bois. La ville est sur un circuit touristique appelé la route romantique. C'est à la période de Noël que la ville attire le plus de touristes.

La spécialité culinaire de la ville est la fondue au fromage, comme chez nous en Savoie. Beaucoup d'enseignes de restaurants sont en français.

2 petits lacs embellissent la ville, dont le Lago Negro (le lac noir), celui qui attire les touristes qui y viennent par bus entiers passer un bon moment, pourquoi pas en faisant du pédalo (appelé ici pedalinho). Le lac se situe dans la ville, dans un écrin de verdure composé de beaux arbres et de fleurs, dont des hortensias. C'est le lac des cygnes !

Bon, c'est bien joli tout ça, mais je ne me sens pas encore au Brésil dans ce décor, aussi beau soit-il. J'ai bien envie de rejoindre la côte atlantique, le temps chaud s'y prête.


La Barra Da Lagoa.


Me voilà au bord de l'Atlantique, sur l'île Santa Catarina toute proche du continent, reliée à celui-ci par un pont de 1 km de long. La principale ville de l'île est Florianopolis, une ville sans charme.

C'est à La Barra Da Lagoa, un petit village de pêcheurs, que je me suis installé pendant 4 jours. Je pourrais y rester jusqu'à la fin de ma vie tellement c'est beau et paisible !

Tôt le matin, la plage Moçambique est prête à recevoir les touristes qui seront très nombreux à arriver dans l'après-midi.

La photo ci-dessous permet de bien situer le village. La plage Moçambique au bord de l'Atlantique est à droite du village (à l'Est) et le lac Lagoa de Conceiçao au nord. Au premier plan, on voit une rivière qui relie le lac à l'océan atlantique. Le village est ainsi encerclé par les eaux.

C'est un village de pêcheurs disposant d'une belle flotte. Si la plage est réservée aux touristes, la rivière est réservée aux pêcheurs qui y amarrent leurs bateaux, à l'abri des tourments de la météo.

Près de ma chambre, un mirador permet de profiter de la vue. Tôt le matin, au lever de soleil, les flots de lumière éclairent le village encore assoupi au bord de la rivière. Seules des pirogues à balancier, semblables aux pirogues polynésiennes, viennent fendre les flots bleus.

Au même endroit, au coucher de soleil, le ciel nuageux s'est embrasé de manière spectaculaire, les derniers soupirs de feu rougissant la surface limpide de l'eau. Je suis resté là, fasciné, le regard immobilisé sur ce spectacle haut en couleurs, tel le décor fantastique d'un rêve.

Flamboyant !!!

Un peu plus tard, me promenant sur la plage la nuit tombée, une note de musique, mêlée aux bruit des vagues, me sort de ma rêverie. Le père et la mère appliqués à leurs violoncelles, leurs deux jeunes filles concentrées sur leurs violons. C'est bien la première fois que j'entends les 4 saisons de Vivaldi dans ces conditions...Ce fut une belle soirée romantique !

Le lendemain matin , le beau ciel bleu incitait à se lever tôt. Derrière le village, un sentier grimpe sur la colline verdoyante. Arrivé sur les hauteurs, le panorama grandiose permet de découvrir la côte Est descendant vers le Sud, dévoilant 2 belles plages de sable blanc.

La première plage est presque déserte, n'étant accessible qu'à pied. La deuxième, accessible celle-là, est peuplée de touristes brésiliens abrités du soleil sous les parasols jaunes des bars de la plage. Les 2 plages sont séparées par une petite barrière rocheuse en granit.













La Barra Da Lagoa restera incontestablement un beau souvenir de mon voyage.



Balneario Comboriu.


Changement de décor radical. Balneario Comboriu, comme son nom l'indique, est une station balnéaire de la côte atlantique brésilienne. Ce n'est pas ma tasse de thé, mais j'y ai néanmoins assisté à quelques scènes de la vie brésilienne intéressantes.













Les brésiliens les plus aisés s'y retrouvent. Les retraités garnissent la plage longue de 6 km bordée d'immeubles défiant les lois de la verticalité. C'est une station familiale, mais à cette époque de l'année, la population est âgée. Du coup, le mythe de la brésilienne en prend un sacré coup !...

Les jeux de plage les occupent. Comme en Uruguay, on retrouve la pétanque de plage avec des palets. Le jeu n'est pas réservé qu'aux hommes et les femmes ont une certaine élégance dans le lancer.

Comme en Uruguay, on retrouve...la boule bretonne ! J'ai discuté avec les joueurs cette fois-ci, leur disant qu'on pratique le même jeu en France, dans ma région. Ils m'ont appris que le jeu s'appelle la Bocha, d'origine italienne. Comme en Uruguay, il se pratique sur la plage ici aussi, mais dans un enclos fermé. Une boule gagnante vaut 2 points et la partie se déroule en 20 points. Le comptage est donc différent de chez nous.

Les bleus ont gagné haut la main !

Paraty.

De belles petites villes à travers le monde, j'en ai vu beaucoup. Paraty fait certainement partie des plus belles. La ville est située 250 km au sud ouest de Rio de Janeiro, elle a été édifiée à la fin du XVII ème siècle. C'était le port duquel embarquait l'or brésilien à destination du Portugal.

S'y promener de jour comme de nuit est un vrai régal.

C'est une belle destination très touristique. Le centre historique est piétonnier, ce qui n'est pas une mince affaire, les énormes pavés des ruelles excluent les talons à aiguilles. Les maisons sont toutes restaurées, il n'y a pas une ruine. Elles abritent des dizaines de boutiques proposant des souvenirs et vêtements de très bonne qualité. Les restaurants sont tous aussi beaux les uns que les autres, et en plus c'est bon, le poisson est délicieux. Les brésiliens y sont très accueillants. Presque tous les restaurants proposent de la musique live le soir. Pas de décibels, de la belle musique, guitare et saxophone. On en voit aussi dans la rue.

C'est une ville chic et populaire à la fois. Des galeries de peinture sont là pour le côté chic, tout comme quelques restaurants haut de gamme. Mais on peut manger pour pas cher et se loger dans de belles auberges dans des maisons coloniales confortables. Je dirais plutôt que c'est une ville qui a la classe !

Encore une belle de jour, et une belle de nuit.












L'église baroque est située au bord de la mer, au port. Le cachet romantique est indéniable à Paraty.

Des collines verdoyantes entourent la ville. Elles plongent dans la mer et en ressortent à proximité sous formes d'îles. Le port est garni de dizaines de bateaux très colorés, de toutes les tailles, qui proposent des sorties en mer, pour pas cher, avec 4 ou 5 arrêts sur des plages superbes. Le ciel est bleu, la mer est belle et chaude. Un petit paradis au Brésil !













Les chutes d'Iguaçu.


Que dire ? C'est un lieu de contemplation, mais une contemplation rendue difficile à cause de la foule.

Les chutes d'Iguazu (en espagnol) ou d'Iguaçu (en portugais) sont le résultat d'une dépression géologique dans laquelle s'engouffre le Rio Iguazu. Les plus hautes chutes font 82m de haut. Elles sont situées sur la frontière entre le Brésil et l'Argentine. Des sentiers et des passerelles permettent de s'approcher des chutes des deux côtés. D'un côté comme de l'autre, le spectacle est impressionnant. La force de la nature s'exprime ici dans toute sa splendeur. L'ensemble des cascades s'étale sur un front de 3 km.

2 heures suffisent pour visiter les chutes au Brésil, une bonne demi journée en Argentine, car la majeure partie des chutes est de ce côté.


Les chutes brésiliennes.


Il faut se rendre à Foz d'Iguaçu et prendre un bus jusqu'au site. Le sentier et les passerelles représentent un petit circuit de 1,1 km. La première vue dévoile un rideau de chutes, en face...du côté argentin.

On continue à descendre légèrement, le sentier est facile. Il ne faut pas être pressé. La foule, lente, oblige à prendre son temps. Au fur et à mesure, le spectacle devient de plus en plus beau.

Le chemin nous amène jusqu'à la Garganta del Diablo (Gorge du Diable). C'est peu dire que la foule était au rendez-vous, et encore c'était un lundi. Il ne faut surtout pas venir un dimanche. Je me demande comment les passerelles peuvent supporter autant de monde. Il faut jouer des coudes,et déloger les "selfieurs" ridicules grimaçant le dos tourné au spectacle.

Le lieu est victime de son succès. Il faut prendre son mal en patience et attendre son tour. Il ne faut pas encore prendre un ticket comme à la poissonnerie, mais presque.

Voilà donc le clou du spectacle, la Gorge du Diable. Le temps était magnifique. La présence du soleil et de l'eau, offre un superbe arc-en-ciel à l'arrondi parfait. Le bruit impressionne. L'environnement aussi est de toute beauté, les chutes se situent dans une forêt tropicale.

La Gorge du Diable fait 150 m de large, 700 m de long et 82 m de haut. Impressionnant !

C'est d'une beauté à couper le souffle. La nature déchaînée, dans toute sa force et sa splendeur.

Il est midi trente et en un rien de temps, la foule s'est dissoute. C'est l'heure de manger, c'est l'heure pour moi de mieux profiter du site. J'ai refait le chemin en sens inverse, pour revoir les chutes en étant plus tranquille.

Les chutes argentines.


Il faut passer la frontière et se rendre à Puerto d'Iguazu en Argentine. C'est une belle petite ville, très agréable. C'est là que j'ai passé une nuit.

De ce côté, il y a 3 parcours. Le chemin inférieur, le chemin supérieur et le chemin de la Gorge du Diable. Le circuit supérieur permet de longer les chutes argentines sur 3 ou 4 km. Le circuit inférieur était fermé à cause de la présence d'un puma...

Le circuit de la Gorge du Diable fait 2 km de long, sur des passerelles, jusqu'à ce qu'on arrive à quelques mètres d'un des endroits les plus bluffant du monde !

On aperçoit en haut de cette photo, le fleuve tranquille qui ne sait pas encore ce qui l'attend. Une chute de 82 m dans un vacarme assourdissant ! On est si près que la douche est assurée, plus ou moins arrosés que nous sommes par les vapeurs d'eau en fonction de l'orientation du vent.

C'est absolument magnifique ! Me voilà face aux plus belles chutes du monde. Mon ressenti est indescriptible. Il faut admirer, essayer de comprendre comment la nature peut arriver à proposer un tel spectacle. On peut aussi ne pas essayer de comprendre et prendre ce cadeau de la nature en toute humilité, car ici on se sent tout petit, et l'homme n'y est pour rien.

82 m plus bas, le rio Iguazu file retrouver son cours paisible dans un panache de vapeurs d'eau. L'ambiance est étrange, ténébreuse.

Ça restera un grand moment de mon voyage. Un de plus !


 
 
 

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