Le Guatemala : le sublime lac Atitlan !
- 7 janv. 2016
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 18 nov. 2020
C'est à coup sûr le plus bel endroit au Guatemala. Le lac est splendide!
C'est la saison sèche en ce moment, bien marquée, sans pluie pendant 7 à 8 mois et le soleil est éclatant. Il y a une telle luminosité et un tel effet miroir, qu'on en a mal aux yeux.
Le lac est bordé par 3 volcans et une douzaine de villages, dont le plus exploité touristiquement est Panajachel. Il y a des touristes étrangers mais aussi beaucoup de guatémaltèques. C'est la période des fêtes et c'est aussi les grandes vacances scolaires de mi-novembre à mi-janvier, alors il y a du monde.
De Panajachel, les autres villages ne sont pas accessibles par la route, il faut prendre une lancha, un petit bateau à moteur pouvant accueillir une quinzaine de passagers. La balade d'un village à l'autre en bateau, sur cette mer d'huile, est très agréable.
Les villages portent des noms de saints, tels Santa Catarina, San Antonio, San Juan, San Pedro, San Marcos, Santiago,...
En voyant ces 3 volcans dressés devant moi, je n'ai pas pu résister. Alors, le 31 décembre à 4h30 du mat', j'ai attaqué de pied ferme l'ascension du volcan San Pedro culminant à 3020m. Un dénivelé de +1200m grimpé en 2h20 ! Juste à temps pour le lever du soleil. C'est la colline à droite sur les photos.

Ci-dessous : le volcan San Pedro.

Les lanchas.









Les lavandières de Santiago Atitlan au pied du volcan San Pedro.
San Juan la laguna.
Si le lac est enchanteur, les villages alentours ont conservé une identité culturelle maya exceptionnelle!
La langue officielle au Guatemala est l'espagnol, mais 23 dialectes sont encore couramment parlés à travers le pays, dont 2 ici au bord du lac Atitlan. Le Kakchiquel et le Tzutujil, qui sont 2 dialectes mayas. C'est ce dernier qui est parlé à San Juan.
C'est un tuyau entre routards qui m'a conduit dans ce village qui a changé mon voyage.
Il y a une richesse incroyable dans ce sympathique village. C'est tout d'abord la terre du café dont c'est actuellement la période de la récolte.



Ici, tout le monde travaille ensemble. Les producteurs de café ont créé une coopérative. Les guides sont regroupés en association, ils organisent les visites du village, de la route du café et les ascensions des volcans.
Les femmes travaillant le textile aussi se sont regroupées en association. Elles teignent les fils, filent et tissent à domicile où près de leur lieu de vente. Elles réalisent des nappes, des chemins de table ou des écharpes entre autres produits riches en couleurs.

Ce qui surprend quand on visite le village, ce sont les fresques murales. Du street art réalisé par des artistes du village. Ils ne vont pas chercher ailleurs, le talent est là.


San Juan, c'est le Pont-Aven du Guatemala. Je les ai visitées mais je ne les ai pas comptées. Il y a bien une douzaine de galeries de peinture. C'est surprenant parce que dans les guides, on n'en parle pas, alors j'ai été agréablement surpris par cette activité artistique intense.



Il y a une multitude de peintures sur le thème du lac bien sûr, mais la spécialité c'est el mercado, le marché. Au début on ne voit que des couleurs éclatantes mais après les explications nécessaires, on comprend l'originalité du style ! Je vais vous expliquer.

La scène se passe sur un marché...vu de dessus. On voit les chapeaux, les épaules, les dos courbés des vendeurs et des vendeuses, des mains qui travaillent, des paniers remplis, des têtes qui se lèvent comme si elles regardaient le peintre... Ici c'est du maïs.

Sur le même principe, ici on voit des fruits et légumes, des carottes, des tomates, des fraises, des ananas. C'est du grand art !
Et la vie dans le village, c'est de l'authentique.





Elles ont l'air contentes.

Moi aussi !

Admirez les vêtements portés au quotidien, même par les jeunes. Le haut, c'est le huipile et le bas le corte. Plus une ceinture et une écharpe portée sur l'épaule généralement. Tout est fabriqué localement et brodé à la main. Les motifs varient d'un village à l'autre. Ici, le huipile est le même pour toutes, ça veut dire qu'elles sont toutes de San Juan. Et en plus elles sont ravissantes !
La famille TZEP.
Depuis 2 ans, ils ont une chambre d'hôte chez eux à San Juan, pour arrondir les fins de mois. J'y ai passé 4 jours merveilleux. Les discussions étaient longues et intéressantes, en espagnol (je me débrouille et je peux vous dire que ça facilite un voyage)
Entre eux, ils ne parlent pas en espagnol mais exclusivement en Tzutujil. J'ai appris qu'en maya, je m'appelle Xuan Lu'u.
Ils m'ont fait visiter leur village et les villages voisins, Gaspard a grimpé le volcan San Pedro avec moi. Le petit Santos s'est pris d'affection pour moi. Les filles, plus réservées, écoutaient d'une oreille attentive ce que je disais sur la vie en France et en Europe, ce que je racontais de mes voyages, tout en préparant le repas. Il y a une chaleur humaine dans cette maison.
Je vais vous les présenter.

Gaspard, Abelia, Santos (père), Juana, Santos (fils) et José.
C'est une famille très unie, tout le monde sourit, se taquine, se respecte. Ils se lèvent de bonne humeur et ça dure toute la journée.
Le papa est guide dans l'association des guides du village. Il fabrique aussi un excellent miel.
Les 2 grands garçons font leurs études. De guide pour Gaspard et de musique pour José.
Juana, la maman, est adorée par son mari et ses enfants, c'est la Reine de la petite ruche familiale. Elle passe ses journées dans la cuisine aidée de sa fille Abelia qui prépare les tortillas, des petites galettes à base de farine de maïs. C'est le pain des guatémaltèques.
Mais vous verrez qu'elles ne font pas que la cuisine...
Et le petit dernier, Santos, 8 ans, s'amuse avec les petits voisins. Mais vous verrez qu'il ne fait pas que ça...
Bon, vous allez me dire que c'est une famille comme les autres. Ben non !
Je voyais bien José fabriquer des flûtes, des sifflets. Toujours à tailler au cutter, à limer, à souffler dedans jusqu'à obtenir le son juste. Avec l'aide de Gaspard, le plus doué, ils fabriquent eux-mêmes leurs instruments de musique.


On y voit des flûtes, des sifflets en tous genres, un instrument qui ressemble à une bombarde, mais avec un son différent, un ocarina...
Le groupe s'appelle Tzutuj Q'ajom, qui signifie musique Tzutuj, du nom du peuple maya Tzutujil. Avec de tels instruments, ils jouent de la musique maya traditionnelle vous vous en doutez bien.
Les voici à l'œuvre.

Los 3 mosqueteros comme dit le petit Santos. José au tambour et à la carapace de tortue, Santos aux maracas et Gaspard à la flûte. Au fond, tranquille dans sa cuisine, Juana attend son heure...


José et Juana au chant. Mais de quoi peut bien jouer Abelia ?

Juana aux maracas, Gaspard et Abelia au marimba.

Gaspard à la flûte, Santos aux maracas, Juana au chacha et Abelia au marimba. Il ne manque plus que le son.
Le concert en live a duré 45mn, rien que pour moi. J'ai adoré et j'vous dis pas l'émotion !
Les 4 enfants forment le groupe et tournent à la demande dans le pays en jouant de la musique traditionnelle maya.
Comme dit Gaspard, le surdoué de la musique :
La musica maya vive ! la musique maya est vivante !
J'ai passé 8 jours inoubliables au bord du lac Atitlan. Je n'aurai pas seulement visité le Guatémala, j'y aurai vécu.
Des moments comme ceux-là sont rares dans une vie. Je voyage pour ça.
Viva Guatémala !






















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