Cuba : de Santiago à Viñales.
Dernière mise à jour : 17 nov. 2020
Je suis allé sur trois plages de Cuba : Varadero, Playa Larga et Playa Giron. Les trois m'ont déçu, c’est suffisant pour ne pas faire de Cuba une destination de plages paradisiaques. J'ai donc consacré mon voyage sur les villes coloniales et leurs alentours et pour finir par la belle région de Viñales.
Camaguey.
Une autre ville classée au patrimoine mondial de l'Unesco, elle est agréable quoique pas exceptionnelle. Néanmoins, tôt le matin la Plaza de San Juan de Dios est belle à voir avant l'arrivée des groupes de touristes. C'est aussi sur cette place qu'on mange le mieux le soir.

Et pas tard le soir, les rues faiblement mais joliment éclairées sont désertes.


Il y a bien sûr la cathédrale au centre de la ville, mais la plus belle église est un peu excentrée, l’église de Nuestra Senora de la Merced qu'on ne visite pas. Tôt le matin, ici non plus il n'y a personne.

La ville se réveille tranquillement, à l'heure où je retourne dans ma casa particular pour prendre le petit-déjeuner.

Santiago de Cuba.
Santiago de Cuba est la ville principale de l'Oriente, c'est-à-dire la région est du pays. C'est aussi la ville la plus irrespirable du pays. D'ailleurs tout le pays ou presque est irrespirable. Tous les véhicules à moteurs polluent, motos, voitures, bus, camions, tout. La pollution atmosphérique due aux gaz d'échappement est terrible, la pire que j'ai jamais vue, au point d'avoir eu trois fois des irritations à la gorge. Je peux dire avec certitude que Cuba participe grandement au réchauffement climatique. Et je ne vous parle pas du bruit...
C'est de cette région que sont parties les premières actions révolutionnaires et que les guérilleros se cachaient dans les montagnes. Il y a eu des batailles dans l'Oriente et c'est à Santiago que Fidel Castro est enterré. Je ne suis pas allé me recueillir...
Au centre ville, le parc Cèspedes est bordé par la belle cathédrale couleur bleue de Notre-Dame de la Asunción,


Il s'agit d'un transport en commun répandu, des camions horribles qui font de courtes comme de longues distances à travers tout le pays. Je ne comprends pas pourquoi il y a ce genre de transport alors qu'il y a un réseau de bus dense et pas cher. Peut-être que c'est encore moins cher. En tous cas, c'est pas joli à voir, et ce n'est sûrement pas confortable. On dirait des prisonniers...

Mais il y a heureusement les vieilles américaines, belles comme tout.



Comme la pollution est insoutenable, j'ai pris une excursion pour sortir de la ville et mieux respirer. Une journée pour visiter un fort , el Castillo del Morro, parfaitement restauré et classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Les américains ont remporté une bataille ici lors de la guerre hispano-américaine en juillet 1898, une guerre de quelques jours qui a suffit à mettre un terme à la colonisation espagnole.
Le fort surplombe la mer de 60m et offre une belle vue sur le village de Granma.


Cayo Granma est une île (cayo veut dire petite île en espagnol). Elle est minuscule, on en fait le tour à pied en 45mn tout en flânant. C'est petit, c'est beau, c'est silencieux, il n'y a pas de véhicules. Je l'ai trouvée belle, je crois bien même que c'est le plus bel endroit que je vois depuis mon arrivée à Cuba.



Baracoa.
Baracoa est à l'extrême est du pays. C'est ici que Christofo Colon (Christophe Colomb) a posé le pied pour la première fois sur l'île, en 1492.
A vrai dire ce n'est pas terrible, et il a plu pendant deux jours et deux nuits avec des vagues submersibles. Le stade de baseball est gravement menacé par l'érosion. Le baseball est le sport national à Cuba.



J'en profite pour montrer les rayons d'un petit supermarché de la ville où il y a eu un récent arrivage. Tout est bien disposé, mais le choix est pour le moins restreint et tout en conserves familiales. Et pourtant, dans les casas particulares, les petits déjeuners sont bons et copieux. Enigmatique...


Malgré le mauvais temps, j'ai pu quand-même faire un peu de vélo dans la campagne environnante assez belle.

Étant complètement à l'est du pays, il m'aurait fallut trois jours de transports en commun pour rallier l'ouest à plus de 1000km. J'ai donc pris l'avion pour la Havane et une courte distance en voiture américaine pour finir mon voyage à Cuba dans le parc national de Viñales.
Viñales.
Bien m'en a pris de venir à Viñales, de loin la plus belle région de Cuba. J'ai passé 4 jours à me promener dans la belle campagne parsemée de mogotes, ces pitons rocheux calcaires qui dominent les champs de tabac qui font la richesse des habitants.
Ci-dessous, le grand hangar rouge en toit de feuilles de palmiers est le séchoir pour les feuilles de tabac, appelé el secador.



La terre est rouge, propice à la culture du tabac. Le tabac est planté en novembre et décembre et la récolte se fait en février et mars. J'y étais donc en pleine période de récolte qui se fait exclusivement à la main.
Lorsque Fidel Castro a pris le pouvoir en 1959, il a dépossédé les américains de leurs terres et donc de leurs revenus sans compensation, ce qui est à l'origine de l'embargo américain en représailles. Fidel a dit aux paysans cubains, je vous rends vos terres mais vous allez travailler pour moi, c'est-à-dire pour l'état, qui va vous acheter 90% de votre production et vous garderez 10% pour vous. Il paraît que c'est passé à 80/20. L'état achète donc aujourd'hui 80% de la production au prix qu'il fixe lui-même et l'envoie dans ses usines d'état pour la fabrication industrielle des cigares voués à l'exportation.



Avec les 20% de la production restante, les paysans produisent leurs cigares de manière artisanale pour la consommation locale et pour les touristes de passage. Ici, les paysans sont des cow-boys, toujours à cheval, animal indispensable pour le travail et très rentable pour le tourisme.


Même si j'ai pu voir quelques tracteurs dans le pays, la mécanisation est quasi inexistante, la récolte se fait donc à la main. Il arrive que les feuilles soient mises à sécher à même la parcelle mais c'est rare. L'opération de séchage s'effectue dans de grands hangars pendant un temps maximum de 2 mois. Les feuilles changent rapidement de couleur pour virer au marron. Elles sont ensuite travaillées et roulées manuellement puis les cigares sont conservés en petit nombre serrés comme dans un petit carquois. Il faut que les cigares soient compressés pour conserver toute leur saveur. Il n'y aurait que 15% de nicotine dans un cigare, ils disent que inhaler la fumée fait partie du rituel et ce ne serait pas dangereux pour la santé. Il n'y a que les fumeurs pour affirmer une chose pareille...


Ci-dessous, les feuilles de tabac sont envoyées au séchoir à l'aide d'un simple traîneau tiré par deux bœufs.

C'est vraiment une belle région à ne pas manquer à Cuba. Le village de Viñales est agréable avec beaucoup de bons restaurants. Presque tous les habitants ont transformé leurs maisons en casas particulares. J'ai séjourné dans une famille particulièrement sympathique, j'y étais comme chez moi.

Je suis resté 4 jours à Viñales, j'ai marché pendant 2 jours dans ces beaux décors, j'ai fait du vélo et bien sûr, comme tout le monde, une promenade à cheval s'imposait. C'est une activité que finalement j'apprécie beaucoup. J'étais sur un cheval docile en compagnie de l'affable Pedro.


C'est une belle fin de voyage de 1 mois à Cuba. Je suis un peu déçu il faut bien le dire et c'est un sentiment partagé par beaucoup de voyageurs. Je dirais néanmoins que voyager à Cuba m'a été utile pour comprendre le pays et j'en ai maintenant ma propre opinion.
Je ne vais pas dire dans le détail pourquoi je n'ai pas tellement aimé parce que c'est de la politique et je ne veux pas trop parler de politique dans un blog de voyage. Mais j'ai vu des choses choquantes, je veux parler de la propagande communiste généralisée. Pour résumer, je dirais que le cerveau des communistes est tellement petit qu'il n'y a de la place que pour l'idéologie et rien d'autre. Pauvre peuple cubain qui rêve d'une autre vie.
Heureusement il y a justement les cubains qui ouvrent facilement leur porte, j'ai fait ainsi de belles rencontres de familles accueillantes.
Quelques villes coloniales sont aussi intéressantes et permettent de se plonger dans l'histoire du pays et comme j'aime l'histoire coloniale (je ne dis pas que j'aime la colonisation) j'ai été servi, comme partout en Amérique latine d'ailleurs.
La belle région de Viñales. Ce serait une erreur de faire l'impasse sur ce qui se fait de mieux à Cuba.
La musique qui met une ambiance spéciale, notamment de salsa, mais je m'attendais à mieux. J'ai l'impression que c'est devenu plus touristique que vraiment culturel.
L'expression artistique foisonnante. Un régal !
Pour finir, il y a les magnifiques voitures américaines, même si je ne suis pas fan de voitures, j'étais bien content de monter dedans...





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